Luís Vaz de Camões, dit le Camoëns, est un poète portugais né vers 1525 et mort en 1580 à Lisbonne.
Il est l'auteur de poèmes dans la tradition médiévale (redondilhas) ou pastorale, de sonnets inspirés de la Renaissance italienne, et de l'épopée nationale de Lusiades (en 1572 mais aurait déjà été achevée en 1556).
Grand poète, cet auteur fait l'objet d'un véritable culte de la part du peuple portugais en général, et des gens de Lettres en particulier, un peu comme Shakespeare en Grande-Bretagne. Son nom est toujours cité avec révérence et gravité. L'épopée des Lusiades est associée au renforcement du sentiment national portugais et a contribué à son essor.
Il est considéré comme le plus grand poète du Portugal et un des plus grands de l'humanité. Son génie est comparable à celui de Virgile, de Dante ou de Shakespeare. Parmi ses oeuvres, l'épopée des Lusiades est la plus représentative.
Origines et Jeunesse
Sa date et son lieu de naissance sont incertains mais on estime qu'il est né aux environs de
1525 à Constançia, près de
Santarem, d'une famille d'origine
galicienne pauvre qui s'était d'abord établie dans le centre (Sentarem) et il s'est rendu à
Lisbonne. Son père était
Simão Vaz de Camões et sa mère
Ana de Sá Macedo.
Entre 1542 et 1545, il vit à Lisbonne, délaissant les études pour fréquenter la cour de dom João III, où il se fit une renommée de poète. Il vécut quelque temps à Coimbra où il doit avoir suivit les Humanités, peut-être au monastère de Santa Cruz, où il avait un oncle prêtre, dom Bénto de Camoens. On n'a pas de trace d'un passage du poète à Coimbra. En tout cas, la culture raffinée qui ressort de ses écrits fait de la seule université du Portugal en ce temps l'endroit où il est le plus probable qu'il a étudié. Lié à la maison du Comte de Linhares, dom Francisco de Noronha, et peut-être précepteur de son fils dom António, il le suivit à Ceuta où il resta de 1549 jusqu’à 1551. C'était une chose qui arrivait assez souvent dans la carrière militaire des jeunes, comme le rappelle l'élégie Aquela que de amor descomedido. Dans un combat il eut un oeil crevé par une flèche par la « furie rare de Mars ». Même ensuite, il conserva son ardeur combative . De retour à Lisbonne, il ne tarda pas à renouer avec la vie de Bohème. On lui prête plusieurs amours, non seulement avec des dames de la cour mais même avec l'Infante en personne, Da. Maria, soeur du Roi D. Manuel I. Il serait tombé en disgrâce, au point d'être exilé à Constáncia. Il n'existe pas, cependant, le moindre fondement documentaire. Il eut une vive passion pour une grande dame, la Comtesse de Linhares, D.Violante de Andrade, ce qui le fit exiler à Santarém; dans son désespoir, il se fit soldat et alla combattre en Afrique; il perdit un oeil d'un coup de feu devant Ceuta. Ne recevant aucune récompense ni aucun encouragement dans sa patrie, le jour du « Corpo de Deus » (Corps de Dieu) de 1552 il blessa au cours d'un combat un certain Gonçalo Borges. Arrêté, il fut libéré par lettre royale de rémission le 7 mars 1552, et s'embarqua pour servir aux Indes dans l'armée de Fernando Álvares Cabral, le 24 du même mois. Il partit en 1553 pour les Indes.
Orient
Il resta quelque temps à
Goa, puis fut exilé à
Macao, pour avoir censuré le vice-roi dans une
Satire. Dans cet exil, il composa le poème qui l'a immortalisé, les
Lusiades (ou
Lusiadas), où il chante la gloire des
Portugais (en latin ludlani), les exploits et les découvertes de
Vasco de Gama. Au bout de cinq ans, il fut rappelé de son exil, assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la
Cochinchine en retournant à Goa. On raconte qu'il se sauva à la nage, tenant dans sa main hors de l'eau le manuscrit de son poème. Se voyant en butte à de nouvelles persécutions, il quitta l'
Asie et revint à
Lisbonne en
1569. II y publia son poème.; mais il n'obtint aucune des faveurs qu'il devait espérer, et languit dans la misère : un esclave javanais allait, dit-on, pendant la nuit, recueillir pour lui des aumônes dans les rues de Lisbonne, on croit qu'il mourut à l'hôpital, en
1579,un an avant le roi Sébastien Ier;la légende dit qu'au moment de mourir,il aurait eu ces mots:"Avec moi meurt le Portugal"
Un monument lui a été érigé à
Lisbonne en
1856.
Quelques oeuvres
Outre les
Lusiades, Camoëns a composé des
odes, des élégies, des
sonnets, des
satires et quelques
tragédies.
Publications anciennes
Les éditions les plus estimées des
Lusiades au
XIXe siècle sont selon le Dictionnaire Bouillet celles :
Ce poème a été plusieurs fois traduit en français, notamment :
- en prose par Jean-Baptiste-Joseph Millié, Paris, 1825, 2 vol. in-8, et par Ortaire Fournier et Desaules, 1841, in-12
- en vers, par François Ragon, 1842, in-8.
Camoëns est le héros d'une épopée d'Almeida Garrett, 1825, et d'une nouvelle de Ludwig Tieck.
- Alegres campos, verdes arvoredos...
- Alma minha gentil, que te partiste...
- Amor, co'a esperança já perdida...
- Amor é fogo que arde sem se ver
- Apartava-se Nise de Montano...
- Apolo e as nove Musas, descantando...
- Aquela triste e leda madrugada...
- Busque Amor novas artes, novo engenho...
- Cara minha inimiga, em cuja mão...
- Como fizeste, Pórcia, tal ferida?...
- Dai-me uma lei, Senhora, de querer-vos...
- De tão divino acento e voz humana...
- De vós me aparto, ó Vida! Em tal mudança...
- Debaixo desta pedra está metido...
- Doces lembranças da passada glória...
- Em fermosa Leteia se confia...
- Em flor vos arrancou de então crescida...
- Enquanto quis Fortuna que tivesse...
- Está o lascivo e doce passarinho...
- Está-se a Primavera trasladando...
- Eu cantarei de amor tão docemente...
- Fermosos olhos que na idade nossa...
- Grão tempo há já que soube da Ventura...
- Lembranças saudosas, se cuidais...
- Lindo e sutil trançado, que ficaste...
- Males, que contra mim vos conjurastes...
- Mudam-se os tempos, mudam-se as vontades...
- Náiades, vós, que os rios habitais...
- Não passes, caminhante! –Quem me chama?...
- Num bosque que das Ninfas se habitava...
- Num jardim adornado de verdura...
- O cisne, quando sente ser chegada...
- O fogo que na branda cera ardia...
- Oh! Como se me alonga de ano em ano...
- Os reinos e os impérios poderosos...
- Passo por meus trabalhos tão isento...
- Pede o desejo, Dama, que vos veja...
- Pelos extremos raros que mostrou...
- Pois meus olhos não cansam de chorar...
- Porque quereis, Senhora, que ofereça...
- Quando da bela vista e doce riso...
- Quando o Sol encoberto vai mostrando...
- Quando vejo que meu destino ordena...
- Quantas vezes do fuso s'esquecia...
- Que vençais no Oriente tantos reis...
- Quem jaz no grão sepulcro, que descreve...
- Quem pode livre ser, gentil Senhora...
- Quem vê, Senhora, claro e manifesto...
- Se as penas com que Amor tão mal me trata...
- Se tanta pena tenho merecida...
- Sete anos de pastor Jacob servia...
- Tanto de meu estado me acho incerto...
- Tempo é já que minha confiança...
- Todo o animal da calma repousava...
- Tomava Daliana por vingança...
- Tomou-me vossa vista soberana...
- Transforma-se o amador na cousa amada...
- Um mover d'olhos, brando e piadoso...
- Vossos olhos, Senhora, que competem...
Voir aussi
Autres articles
Liens externes
Source partielle
« Luís_de_Camões », dans
Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)